Rencontre du samedi 6 décembre 2025
Suite aux démissions du Président, Alexandre de Montesquieu, et du vice-Président, Jean-Louis Latapie, le Cercle des Amis de Montesquieu a convié ses adhérents à une Assemblée Générale le samedi 6 décembre, Salle Latapie à La Brède.
La vice-Présidente, Monique Brut a pris la parole pour expliquer aux membres présents que selon l'article 8 des statuts de l'association, les deux démissionnaires devaient être remplacés. Elle a présenté Aude Péraud-Rousselet et Marie-Claire Cormarie qui étaient volontaires pour intégrer le nouveau Bureau. Puis elle a demandé si quelqu'un d'autre dans l'assistance souhaitait être candidat. Personne n'en ayant émis le vœu les candidatures d'Aude et de Marie-Claire ont été soumises aux votes à main levée. Trente-six personnes étaient présentes et cinq pouvoirs avaient été confiés à des adhérents. A l'issue du scrutin, toutes deux ont été élues à l'unanimité avec 41 voix.
Le nouveau Bureau a ensuite désigné ses trois représentants légaux. Monique devient Présidente et Geneviève et Christine sont reconduites respectivement dans leurs fonctions de Trésorière et Secrétaire.
A la suite de cette Assemblée, nous avons assisté à une conférence remarquable de notre ami Michel Colle et de son confrère Jean-Paul Emeriau, venus nous présenter leur ouvrage commun sur les "Hospices disparus du Vieux Bordeaux".
Michel Colle, dans une première partie, nous a parlé de la médecine au Moyen-Âge. Elle n'avait pas bonne réputation. Il n'y avait pas de médicaments, seulement des herbes et des prières... Le riche était soigné chez lui, entouré de sa famille ; l'indigent, lui, ne pouvait compter que sur la charité chrétienne et était admis dans un hospice qui lui apportait seulement le gîte et le couvert.
Nous avons appris que Salerne était la première école de médecine. On y formait des hommes et des femmes; la plus célèbre étant la gynécologue Trotula. Sur le modèle de Salerne se sont développées les premières facultés de médecine en France, d'abord à Montpellier, puis à Paris. Mais en 1271, est paru un statut interdisant l'exercice de la médecine à ceux qui n'avaient pas de doctorat, excluant donc par cela les femmes.
Pour se maintenir en bonne santé, il fallait faire attention à son alimentation et ne pas se goinfrer. Il fallait aussi avoir une bonne hygiène ; les médecins insistaient sur une toilette quotidienne et sur le lavage des dents et des mains.
Si la chirurgie existait, elle était terrible. Imaginez à l'époque vous faire amputer ou opérer de la cataracte ....
Suite à ce brillant exposé de Michel Colle, nous sommes finalement ravis de vivre à l'ère de la médecine du vingt-et-unième siècle !
Dans un second temps, Jean-Paul Emeriau nous a parlé des Hospices et Hôpitaux de Bordeaux entre 1200 et 1400.
La racine du mot "hospes" en latin a donné en français hôte, hospitalité, hospice, hôpital ... Au Moyen-Âge donc, hospice et hôpital c'est la même chose. Ce sont les ordres religieux qui fondent les hospices et les administrent. Ils ont pour vocation d'accueillir les pauvres, mais il n'y a pas de soins médicaux.
Le duc d'Aquitaine, Guillaume IX, connu également sous le titre de Guillaume VII de Poitiers est un guerrier et un aventurier. Il va aller faire la Croisade, être blessé, s'intéresse beaucoup aux femmes et sera deux fois excommunié ! Pour se faire pardonner, il fonde l'hospice-hôpital Saint-Jacques à Bordeaux en 1119 qui a pour objectif premier d'accueillir les "Jacquets", c'est à dire les pélerins de Saint-Jacques de Compostelle. Mais il accueille également les orphelins et les femmes enceintes. Cet établissement n'existe plus aujourd'hui, mais la chapelle qui avait été transformée en théâtre puis en garage est en très mauvais état et a été classée d'office au titre des monuments historiques en août 2021.
Parmi les nombreux établissements décrits par Jean-Paul Emeriau, citons notamment, l'hôpital des "Gahets" (autre nom des lépreux); celui des Antonins, qui appartenait à un ordre très puissant décimé après la peste de 1585, qui a été donné aux Feuillants (actuel musée d'Aquitaine) ; et le premier hôpital Saint-André fondé grâce au legs du chanoine Vital Carles dont la volonté était qu'il soit administré par la ville de Bordeaux.
Petit à petit, les hôpitaux vont soigner, grâce au roi Louis IX (Saint-Louis)
L'assistance a été captivée par ces deux interventions passionnantes et les auteurs ont dédicacé de nombreux ouvrages.
"Les Hospices disparus du Vieux Bordeaux" Michel Colle - Jean-Paul Emeriau publié chez Aquitaine Historique
Après les plaisirs culturels, place aux plaisirs gustatifs ! Nous nous sommes rendus pour notre Ambigu au restaurant "La Table de Gabriel" à La Brède où nous avons fort bien déjeuné dans une ambiance très amicale.
Rencontre du samedi 23 mars : AG et conférence de Clara Schambil
Samedi 23 mars 2024, le Cercle des amis de Montesquieu s'est réuni Salle Latapie à La Brède pour l'Assemblée Générale de l'association. Comme d'habitude, le Bureau a évoqué les activités passées, les finances, le nombre d'adhérents et les projets pour 2024. Le Président, Alexandre de Montesquieu, en a profité pour présenter aux adhérents les deux nouveaux membres qui intègrent le Bureau cette année : Rachel Morin en charge du Prix Jeunesse et Delphine Desqué qui rejoint le Comité de Lecture du Prix adulte.
Dans un second temps, Clara Schambil était invitée à nous raconter l'histoire des femmes des Parlementaires bordelais au XVIIème siècle, sujet de son mémoire de Master.
La période étudiée se situe entre 1650 et 1715 et les inventaires des notaires sont très précis. Ils recensent les biens au tiroir près, ce qui nous permet de connaître précisément leur mode de vie.
Les femmes de parlementaires sont issues d'une famille de parlementaires. Elles sont souvent les ainées de la famille, sont lettrées, ont environ 22 ans quand elles se marient et signent elles-même leur contrat de mariage. Elles apportent une dot importante à leurs époux. Mais dès qu'elles se marient la gestion de leur patrimoine leur est confisquée. En revanche, leurs maris ne peuvent pas dépenser leurs dots comme ils le veulent.
Au début de leurs vies de femmes, elle sont observatrices, mais plus elles vieillissent, plus leur domaine d'action s'accroît. Et le veuvage constitue pour elles un âge d'or ; il n'y a plus de tutelle masculine, elle sont en autonomie complète.
Les femmes de parlementaires bordelais s'inspirent de la mode parisienne pour meubler leur intérieur. Elles ne laissent pas dormir leur argent, elles s'intéressent aux crédits, aux rentes, à la location et au commerce à la fin du siècle. Les hommes leur donnent procuration pour des actions précises, ou leur donnent même des procurations générales.
Elles sont également très investies dans la vie religieuse de leur cité. De très nombreux objets de culte ont été découverts dans les inventaires après décès. Elles laissent par testament d'importants legs à des fondations. Elles sont généreuses pour les couvents et n'attendent pas la fin de leur vie pour donner. Elles ont aussi un rôle dans l'encadrement des paroissiens. elles veillent à leur moralité, les réprimandent, mais n'hésitent pas à baisser l'impôt lors, par exemple, d'un hiver trop rigoureux.
Les missions de ces femmes sont donc très diverses mais essentielles. Elles sont créatrices de modernité. Ce sont "des femmes d'affaires modernes".
Merci à Clara pour cette passionnante intervention qui s'est achevée par un ambigu au Restaurant le Saint-Hubert à Saint-Selve où nous avons très bien déjeuné.
Rencontre du samedi 2 décembre 2023 : Florence Mothe
Le samedi 2 décembre, les amis du Cercle de Montesquieu avaient rendez-vous, salle des Mariages à La Brède, avec un personnage haut en couleurs, le Maréchal-Duc de Richelieu.
Florence Mothe (ancienne journaliste, historienne, propriétaire du château de Mongenan à Portets) le connaît bien puisqu'elle l'étudie depuis 40 ans. Avec sa verve truculente elle nous a entraînés sur les traces de cet homme étonnant. Fils et petit-fils de de Général des Galères, on n'est pourtant pas sûr que son père soit vraiment son père, ce dernier ayant 70 ans quand il est né. Presque mort né d'ailleurs à la naissance, il pensait avoir une existence très brève, une tireuse de cartes qu'il avait consultée un jour lui ayant prédit une vie très courte. Pourtant il a vécu jusqu'à près de 98 ans.
Il a durant sa vie exercé de multiples fonctions. Ambassadeur de Vienne pendant 4 ans, Gouverneur du Languedoc pendant 17, il est devenu à 60 ans Gouverneur militaire de Guyenne. Mais en parallèle, il est aussi franc-maçon (initié lors de son séjour à Vienne) et membre de l'Académie Française alors qu'il n'a jamais rien écrit. Son discours d'entrée a d'ailleurs été rédigé par Fontenelle et Voltaire.
Grand séducteur, il a couché avec des centaines de femmes et à cause de ses liaisons, a été enfermé trois fois à la Bastille. Mais il n'a aimé que sa première épouse, morte six ans après leur mariage et qu'il n'a jamais trompée.
Très ami avec Louis XV, il entretenait de très mauvaises relations avec Madame de Pompadour. Pour cette raison, le roi l'a donc éloigné de la Cour en lui donnant une fonction à Bordeaux, ce qui ne l'a pas empêché de revenir régulièrement à Paris lors de fréquents allers-retours. Il avait pour cela aménagé son carrosse en dormeuse, car à l'époque, le voyage depuis Bordeaux prenait deux jours et deux nuits.
La mort de Louis XV en 1774 a mis fin à sa carrière et il est mort 14 ans après en 1788.
Tous les auditeurs ont été passionnés par cette conférence truffée d'anecdotes qui a mis en lumière la vie extraordinaire de cet homme aux multiples facettes. Merci Florence pour ce très agréable moment.
Et comme il se doit, cette Rencontre s'est achevée par un bon repas au restaurant Le Luma à Arbanats.
Rencontre du samedi 3 juin 2023 : François Cadilhon
En cette belle matinée de juin, les amis du Cercle se sont retrouvés à La Brède autour de François Cadilhon venu présenter " Vivre dans les Landes". Sylvie Dufranc nous a gentiment accueillis à la Bibliothèque, dont elle est la Présidente et nous a proposé de nous installer dans le jardin. Assis confortablement à l'ombre d'un arbre majestueux, nous avons pu savourer les anecdotes de notre ami François. Originaire de Mont-de-Marsan, ce dernier nous a conté la naissance administrative de son département, crée pour remplacer les anciennes circonscriptions après 1789. Si les districts de Marsan, Dax, Saint-Sever et Tartas furent les premiers retenus pour constituer les Landes, en 1790, les lignes ont bougé au fil des années. Labastide-d'Armagnac a rejoint les Landes en 1850, alors que Saint-Esprit les a quittées en 1857, pour être annexé à Bayonne.
François Cadilhon nous a raconté les rivalités existant, par exemple, entre Dax et Mont-de-Marsan, et nous a fait part, avec beaucoup d'humour, de son indignation quand on parle aujourd'hui de rattacher Sanguinet à la Gironde ou bien Tarnos aux Pyrénées Atlantiques, et de son approbation, en revanche lorsqu' il s'agit d'intégrer la commune de Barcelone du Gers aux Landes.
Nous avons passé un très agréable moment à l' écouter et il nous a donné l'envie de découvrir ou de redécouvrir tous ces beaux lieux dont il nous a parlé.
Nous avons été nombreux à acheter son ouvrage illustré de très belles aquarelles de Corinne Guetault présente elle aussi ce jour là. Pour ceux d'entre vous qui ne l'auraient pas encore, nous vous en conseillons la lecture. C'est très agréable et les textes choisis vous apprendront des quantités de petits détails sur la vie de cette époque (du XVIIIème au début du XXème siècle).
Après une séance de dédicaces, nous avons rejoint le restaurant "Le petit Caboulot" à l'Isle Saint-Georges où nous avons prolongé cette rencontre amicale autour d'un bon déjeuner.
Nous vous souhaitons à tous un très bel été et nous vous donnons rendez-vous le 7 octobre pour la Journée "Montesquieu et Nous.
Rencontre du 25 février 2023
Pour cette première Rencontre de l'année, les adhérents du Cercle se sont retrouvés le samedi 25 février à 10h15, salle Latapie à La Brède.
Le programme de la matinée était intense puisque la réunion a débuté avec l'Assemblée Générale et s'est poursuivie avec la conférence d'Aude Péraud-Rousselet.
Au cours de l'AG, le président, Alexandre, a rappelé les raisons pour lesquelles le Cercle et le Prix Littéraire avaient été créés et remercié nos fidèles partenaires qui nous suivent au fil des années dans cette belle aventure. Après le rappel des activités de 2022 et l'évocation des projets de 2023, deux sujets importants ont été abordés :
- Nous avons été sollicités par l'Association "Pierres de Mémoire" qui dispose des plaques commémoratives (Stolperstein) pour honorer des soldats de la deuxième guerre mondiale victimes du nazisme. En 2015, à La Brède, une première Stolperstein avait été posée au pied du monument aux morts pour honorer Fernand Lasperches, prisonnier de guerre, mort de tuberculose loin de son village et de sa patrie. Cette fois-ci cinq nouvelles Stolperstein doivent être implantées à La Brède. Mais les fonds n'étaient pas suffisants pour finaliser ce projet. Le Cercle n'a pas pu faire de don en son nom, puisqu'il n'y avait pas de lien direct avec Montesquieu ou le XVIIIème siècle. Nous avons donc fait appel à votre générosité et avons fait circuler un chapeau dans l'assistance, qui nous a permis de récolter environ 200 Euros . Nous vous remercions infiniment pour cette somme que nous avons transmise à "Pierres de Mémoire" et ne manquerons pas de vous tenir informés de la date choisie pour la commémoration.
- Notre nouveau projet est la création du Prix Littéraire Jeunesse, à l'initiative de Rachel Morin. Cinq ouvrages ont été sélectionnés (4 romans et 1 Bande-Dessinée) et soumis à une cinquantaine d'élèves des classes de 4ème et 3ème. Rachel a démarché pour cette première année les collèges de La Brède et Saint Selve. Suivant le succès de cette première édition les collèges de Léognan et Cadaujac pourront à terme être sollicités. Les élèves doivent lire les ouvrages et voter durant la semaine du 24 avril. Un cadeau sera remis à chaque participant et lors de l'annonce du Lauréat, ce dernier sera présent en visioconférence.
Après avoir annoncé que la Journée" Montesquieu et Nous" se tiendrait cette année le samedi 7 octobre, l'AG s'est achevée par la présentation du Bilan Financier.
Place ensuite à notre amie Aude Péraud-Rousselet qui nous a enchantés par sa conférence claire et savante sur les Jésuites.
Cet ordre religieux fondé par Ignace de Loyolla, dont la devise est "aimer et servir" s'est implanté en France au 16ème siècle. Il y avait 11 Collèges en 1560 et en 1561, l'installation des Jésuites est devenue officielle et soutenue par Catherine de Médicis. Ils se sont érigés comme le fer de lance de la religion catholique.
A Bordeaux, ils ont créé le Collège de la Madeleine, actuel Lycée Montaigne. En 1643, il y avait une centaine de collèges Jésuites dans une ville où on craignait l'expansion des protestants. Il était de bon ton pour les nobles bordelais d'envoyer leurs fils à la Madeleine, pour asseoir leur notoriété. Ils y obtenaient un titre de Maîtres es Arts. Les Jésuites ont été les premiers à mettre en place des classes que l'on nommait numériquement (6ème, 5ème, etc..). On ne pratiquait pas de châtiments physiques, on donnait plutôt des punitions. Il y avait des récréations dans des cours spécialement conçues pour ça et pendant ces moments là les élèves faisaient du sport. Les Jésuites donnaient également des cours de théâtre. Il y avait aussi des vacances scolaires. La rentrée était le 18 octobre, après les vendanges auxquelles les enfants participaient.
Tous les enseignements étaient dispensés en latin qui était appris par des cours de grammaire et par la lecture des auteurs classiques. En revanche, le théâtre était en français car il fallait comprendre la morale des pièces étudiées. On apprenait aussi la géographie car Bordeaux étant une ville portuaire, il fallait connaître les colonies dans lesquelles les missionnaires pouvaient être envoyés. Le cursus de théologie était en outre très renommé à Bordeaux.
Mais à la fin du 17ème siècle, les Oratoriens de Juilly (fondés en 1638) vont faire de la concurrence aux Jésuites. Même si les frais de scolarité sont très élevés, les bordelais fortunés et nobles vont progressivement être envoyés là-bas. A Juilly les cours sont en français et à l'inverse des Jésuites, l'établissement possède un Internat. Entre 1740 et 1744, 132 bordelais rejoignent les oratoriens.
Petit à petit les Jésuites vont devenir la cible privilégiée des philosophes, à cause de leurs liens avec le pape. Il va y avoir une hostilité croissante de la part des élites municipales. Tout ce qu'ils font va être critiqué, notamment les vacances scolaires. On les voit comme des agents de la papauté.
En 1762, les parlementaires vont dénoncer les Jésuites et dire qu'ils sont dangereux pour Bordeaux. En 1772, leurs établissements seront fermés. Mais à peine expulsés qu'ils étaient déjà regrettés. Même, s'ils ont été rétablis en 1814, ils ont toujours fait l'objet d'une chasse aux sorcières.
Merci Aude pour cette intervention passionnante, racontée d'une manière agréable et mettant à la portée de tous un sujet parfois méconnu et abstrait pour certains d'entre nous.
Après ces plaisirs culturels, place aux plaisirs gustatifs. Nous avons rejoint le restaurant "Le Philosophe" à La Brède, où nous avons dégusté un très bon repas dans une ambiance chaleureuse et amicale.
A nouveau, nous avons partagé un très bon moment, et vous donnons rendez-vous à la prochaine Rencontre.
Samedi 7 mai 2022 - Conférence de Monique Brut
Notre amie Monique nous a présenté "Montesquieu et un ami du Périgord : le chevalier d'Aydie et la belle Aïssé". Elle a évoqué la relation qu'avait notre philosophe brédois avec un personnage typique de l'époque des Salons, originaire de Dordogne, Blaise Marie d'Aydie. Elle nous a narré l'histoire d'amour "mélo-romantico-dramatique" entre ce jeune hobereau périgourdin et celle que tout le monde des Salons n'appelait que "la Belle Aïssé".
Une fois de plus, Monique a su nous captiver avec ce récit passionnant ...
Samedi 16 octobre 2021 - Conférence de Gilles Montègre
Une semaine après la Journée Montesquieu et Nous, le Cercle des Amis de Montesquieu s'est à nouveau réuni, salle Latapie, autour de Gilles Montègre. Ce dernier, de passage à Bordeaux, nous a fait l'amitié de nous présenter "Le Cardinal de Bernis" ouvrage collectif, écrit avec vingt-quatre spécialistes internationaux (historiens, historiens de l'art, etc), dont il a assuré la direction.
Il y a quelques années, l'universitaire, après avoir retrouvé les archives du Cardinal de Bernis, s'est demandé pourquoi ce personnage fascinait autant, puisqu'on le trouve cité dans des romans, des bandes-dessinées ou encore dans des films comme, par exemple, le "Casanova" de Fellini" en 1976.
Pendant plus d'une heure, Gilles Montègre nous a dressé le portrait de ce célèbre Cardinal né en 1715 (mort de Louis XIV) et mort en 1794 (mort de Robespierre).
Cadet de sa famille, il s'est rendu à Paris pour faire carrière dans l'église. Très vite, il se met à écrire des poèmes et est élu, à l'âge de 29 ans, à l'Académie Française. Ministre en 1757, Cardinal en 1758, il se rend à Rome en 1769 à la mort de Clément XIII pour négocier l'élection du nouveau Pape, Pie VI. Nommé en même temps ambassadeur à Rome par Choiseul, il occupera ce poste durant vingt-cinq ans. Pendant toute cette période, il entretient une correspondance avec des écrivains, des ambassadeurs, des diplomates. Il écrit quotidiennement au ministre de Louis XV, Vergennes, à ses confrères et à ses amies, comme la duchesse de Civrac ou la marquise du Puy-Montbrun. Il a beaucoup d'amies femmes ; le XVIIIème siècle est le siècle où s'invente l'amitié entre les hommes et les femmes ; Bernis pense que l'amitié des femmes est plus fidèle que celle des hommes. Les archives de Bernis sont pratiquement toutes épistolaires et, comme il est resté à Rome durant la Révolution Française, elles n'ont pas été dispersées. Grâce à elles nous savons également que Bernis développait tout un réseau d'espions, dont Casanova faisait partie, et qu'il dépensait tous ses revenus annuels en réceptions. Pour Gilles Montègre, il a inventé une sorte de diplomatie, la diplomatie gastronomique reprise ensuite par Talleyrand.
A la fin de cette conférence passionnante, suivie de nombreuses questions et d'une séance de dédicaces, nous avons rejoint la Table de Montesquieu, où nous avons très bien déjeuné dans une ambiance fort conviviale.
Samedi 26 février 2022 - Conférence de Michel Colle
Samedi 17 octobre 2020 - Conférence d'Aude Péraud - Rousselet
Professeure d'histoire à l'Ecole Massillon, présente "Mesdames, filles de France et de Louis XV".
Samedi 12 octobre 2019 - Conférence de Pawel Matyaszewski
Pawel et Elisabeth Matyaszewski, de passage dans la région, nous ont fait la gentillesse de s'arrêter à La Brède pour nous rencontrer. A cette occasion, notre ami nous a présenté son nouvel ouvrage écrit en polonais "Montesquieu en Pologne, hier et aujourd'hui".
Pawel nous a expliqué que Montesquieu qui a parlé du système politique polonais n'a jamais été en Pologne. Toutes ses connaissances sur ce pays lui venaient de ses lectures et des témoignages de polonais avec qui il avait discuté lors de son séjour d'un mois et demi en Lorraine, à la cour du roi en exil Stanislas Leszczynski.
Pour Montesquieu, la Pologne était un pays plat non seulement à cause de son relief mais aussi de par son système politique. Montesquieu pensait que cet Etat hybride à la fois République et Monarchie ne pouvait pas fonctionner car aucune des valeurs de ces deux systèmes n'était respectée. Le monarque était élu par les nobles du Parlement (représentant 12 à 13% de la population) mais son pouvoir était presque inexistant car le Parlement était trop puissant. Pour Montesquieu, les conséquences pour le pays ne pouvaient donc être que néfastes car un pouvoir législatif trop fort nuisait à la liberté.
Pawel a fait un parallèle avec la Pologne actuelle expliquant que depuis les dernières élections, il y a moins de libertés. Dans le système judiciaire polonais, le Tribunal Constitutionnel veille à ce que les lois soient conformes à la Constitution. Or, depuis trois ans, les membres sont changés progressivement et leurs remplaçants, à la solde du pouvoir, modifient peu à peu les lois mettant en place ce que veut le Parti.
Donc s'il n'y avait pas de garde-fou de la part des pays membres de l'Union Européenne, la Pologne serait aujourd'hui un pays despotique, le Parti Nationaliste au pouvoir pensant que les valeurs polonaises doivent pré-valoir aux valeurs européennes.
Après cette conférence passionnante, nous nous sommes dirigés vers la Table de Montesquieu.